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Randonnées en Saintonge

Dans le cadre des activités de l’association « Rando Camminlong » située à Mérignac Chemin long, j’ai eu l’occasion de faire des randonnées lors du week-end de l’Ascension, tout en découvrant la Saintonge, terre d’histoire, ancienne province française, placée au Moyen Age dans la mouvance des ducs d’Aquitaine, des comtes d’Anjou puis des comtes de Poitiers, avant d’être de nouveau intégrée au duché d’Aquitaine pour plusieurs siècles. La province passe définitivement sous le contrôle du roi de France en 1451.

La Saintonge , terre d’histoire.
La Saintonge a subi la Guerre de Cent ans , les guerres de religion qui se terminent par la signature de l’Edit de Nantes (1598) , la Guerre de Trente ans marquée par la révolte des paysans contre les impôts nouveaux (1630-1650) , et la conversion forcée des paysans par Fénelon après la Révocation de l’Edit de Nantes (1685) par Louis XIV.
Après la Révolution de 1789, période marquée par une forte crise agricole, de grands troubles anti-seigneuriaux apparaissent dans la campagne saintongeaise entre 1790 et 1792.
Après la Terreur et le coup d’Etat de Bonaparte (1799) , Napoléon descend en visite en Charente Inférieure, département créé en 1790.
Suite à la défaite de Waterloo (1815) ,Napoléon se réfugie à l’Ile d’Aix avant de se livrer aux Anglais.
En 1848, Louis-Napoléon Bonaparte est élu député de la Charente Inférieure.
En 1852, c’est le rétablissement de l’Empire. Le Second Empire est une période de très grande prospérité économique et les Charentais vouent un grand attachement à Napoléon III.
A la fin du XIX éme siècle, la crise du phylloxéra produit une catastrophe économique et le parasite détruit les immenses étendues de vignes de la région , obligée de se replier sur le lait (d’où le beurre de Surgères ) et le blé.
Le début du XX ème siècle est marqué par des grèves à La Rochelle et au nouveau port de La Pallice.
En 1940, tout le département fait partie de la « zone occupée ».Le 4 août 1941 , la Charente Inférieure devient « Charente Maritime. »
La Saintonge se trouve sur un des chemins de Saint-Jacques, la Via Turenensis : 915 kilomètres entre Paris et Saint-Jean-Pied-de-Port.

Les randonnées

La première randonnée débuta à « La Chapelle des pots », village de potiers depuis plus de huit siècles , blotti au cœur de la Saintonge romane. Située à l’extérieur du village, sur la route de Burie , une célèbre entreprise de poterie produisait depuis 1961 de la faïence régionale de Saintonge et de La Rochelle. Elle a malheureusement fermé en 2012 pour insuffisance d’actif. La commune possède un intéressant musée de dimension régionale, le Musée de la céramique saintongeaise qui expose des collections de poteries du XIII ème au XXème siècle.
Après la randonnée de 11 km sous la pluie , au cours de laquelle nous avons vu un port de plaisance sur la Charente et des maisons de maître du XVIII ème siècle, nous nous sommes installés dans un gite près de Saint-Savinien.
Saint-Savinien sur Charente est une des cités les plus pittoresques de la Saintonge romane. Dominant la Charente de son éperon de roches calcaires à l’extérieur d’une boucle, Saint-Savinien, déjà village gallo-romain, puis enjeu des invasions normandes, connut son essor au début du XVIIIème siècle. La poissonneuse Charente faisait vivre toute une population de plongeurs qui remontaient du fond des patagaux (moules perlières d’eau douce). Les perles avaient une belle eau et en 1717, l’intendant de la Marine de Rochefort fit envoyer au Régent duc d’Orléans une de ces perles. L’incertitude des profits provoqua vers 1750 l’abandon de cette activité.
Un intense trafic de gabarres , allèges et galliots permit de donner l’appellation officielle durant de longues années de Saint-Savinien-le-Port. Ces bateaux transportaient , entre Angoulême et la mer, (ports de Rochefort et La Rochelle), des pierres de taille à grain très fin qui servirent à l’édification de nombreux monuments à travers le monde , le bois de construction et de chauffage, les vins et eaux-de-vie de Saintonge. Cette activité fluviale cessa progressivement pour disparaître totalement vers les années 1930.
A Saint-Savinien ont été édifiées plusieurs églises romanes dont la conservation dépend des fluctuations de l’histoire. L’église Saint-Savinien est un édifice de style roman bâti entre le 12ème et le 13ème siècle. Fortement endommagée durant la guerre de Cent Ans, lorsque la Charente formait une frontière entre les possessions anglaises et françaises, puis durant les conflits religieux du 16ème siècle, elle fut restaurée à plusieurs reprises. Le sanctuaire actuel, en forme de croix latine, est composé d’une nef unique formée de trois travées. La façade de l’église, de style roman saintongeais, se caractérise par sa sobriété. Elle est formée de deux niveaux d’élévation, délimitée par deux corniches à modillons où alternent motifs animaliers et masques humains. Le clocher qui s’élève au-dessus du croisillon nord fut reconstruit au 14eme siècle dans le style gothique Plantagenêt. La chapelle Notre-Dame , au Nord, renferme seize statues représentant des personnages bibliques. Façade, nef et clocher sont classés monuments historiques depuis 1910.

L’abbaye des Augustins date de l’implantation au 13ème siècle de l’ordre des Augustins à Saint-Savinien. Elle a compté jusqu’à cent moines à son apogée. Dévastée par les huguenots en 1568, elle comptait alors trente moines, dont la tradition rapporte que huit d’entre eux auraient été jetés vivants dans un puits au cours de ces évènements. Le monastère fut partiellement reconstruit au cours des siècles suivants , avant d’être vendu comme bien national en 1791.Les bâtiments servirent successivement de distillerie, d’entrepôts, avant de devenir la salle des fêtes de la commune en 1937, fonction qu’elle conserve aujourd’hui encore.
De l’ensemble monastique originel ne subsiste plus que l’église abbatiale, construite dans la deuxième moitié du 13ème siècle et fortement remaniée aux 16ème et 17ème siècles .La chapelle latérale conserve plusieurs fresques, ainsi que la sépulture de la princesse de Cordé, fille du comte de Taillebourg. Tandis que la façade occidentale, très sobre, est percée d’une simple porte ogivale, surmontée d’un oculus et d’un pignon, la façade méridionale conserve une porte encadrée de motifs renaissance. L’abbaye , classée monument historique depuis 1925, est ouverte au public lors des journées du patrimoine.

Le temple protestant, édifié sous le règne du roi Louis-Philippe,est un édifice d’une grande sobriété.Il se compose d’un unique vaisseau rectangulaire, bordé de larges baies en plein cintre, précédé d’une façade comportant un large fronton triangulaire. Cet édifice est le troisième temple édifié à Saint-Savinien : la première maison d’oraison , édifiée en 1612, fut détruite au moment de la révocation de l’Edit de Nantes. La population de confession réformée fut très importante dans l’ancienne paroisse de Saint-Savinien : les registres paroissiaux gardent la trace de la conversion forcée de 900 d’entre eux en 1685.Le cimetière protestant de Saint-Savinien est réputé être une des plus grandes nécropoles protestantes de la région Poitou-Charentes.

La maison du patrimoine : ce petit musée d’histoire locale qui allie également un espace muséographique lapidaire présente la vie de la ville et de son port dans une jolie maison bourgeoise située en bordure du fleuve.

Le château de la Cave, dont les origines remontent au 13ème siècle,fut longtemps la principale forteresse de la cité. Construit à un emplacement stratégique, sur un promontoire dominant la Charente, il conserve une tour avec sa poivrière, trois tours découronnées et une échauguette.
Forteresse importante durant la guerre de Cent Ans, lorsque la Charente formait la frontière entre les possessions françaises et anglaises, il passa successivement entre les mains des deux partis , avant de revenir au comte de Taillebourg. Il fut transformé en résidence d’agrément à partir du 16ème siècle.
Le château est entouré de ruelles escarpées reliant celui-ci à l’église Saint-Savinien ainsi qu’aux quais du port. L’une d’elles , la rue des « échelles de pierre « , est constituée d’une succession de marches et est bordée de maisons dont les plus anciennes remontent au 15ème siècle. D’autres venelles sont taillées à même le roc.

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